Peut-on tatouer sur une cicatrice ? Ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Peut-on tatouer sur une cicatrice ? Ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Chapitres

Point clés à retenir :

  • Une cicatrice doit être suffisamment cicatrisée et stable avant d’envisager un tatouage, ce n’est pas automatique.
  • Le tissu cicatriciel se comporte différemment d’une peau classique et demande une technique adaptée.
  • L’objectif n’est pas toujours de rendre la cicatrice invisible, mais de changer ce que l’œil remarque en premier.
  • Pour un projet post-cancer du sein, un délai minimum de deux ans et un avis médical favorable sont nécessaires. Le bras ne peut pas être tatoué en cas de curage ganglionnaire.

Une cicatrice peut être là depuis quelques mois ou plusieurs années. Elle peut venir d’une opération, d’une brûlure, de scarifications, d’un accident, d’un cancer ou simplement d’une histoire que tu n’as plus envie de voir prendre autant de place sur ton corps.

Et lorsqu’on commence à envisager de la tatouer, une première question revient souvent :

Est-ce qu’on peut vraiment tatouer sur une cicatrice ?

La réponse est oui, dans de nombreux cas. Mais certainement pas n’importe comment, ni forcément tout de suite.

Tatouer une cicatrice demande de comprendre la peau que l’on a devant soi, d’adapter sa technique, mais aussi de penser le dessin en fonction de la cicatrice, de la morphologie et de ce que la personne souhaite réellement retrouver lorsqu’elle regardera cette partie de son corps.

Toutes les cicatrices ne peuvent pas être tatouées de la même manière

Lorsque nous recevons une demande au Studio Sweet’Ink, la première chose que nous regardons est la cicatrice elle-même.

Est-elle complètement cicatrisée ? Est-elle encore rouge ou inflammatoire ? Est-elle blanche ? Plate ou en relief ? S’agit-il d’une brûlure, de scarifications, d’une cicatrice chirurgicale, d’une cicatrice chéloïde ou encore de vergetures ?

Avant même de réfléchir au dessin, il faut déterminer si la peau permet d’envisager un tatouage dans de bonnes conditions.

Une cicatrice encore fraîche ou inflammatoire n’est pas une peau sur laquelle nous allons nous précipiter.

L’objectif n’est pas de tatouer à tout prix, mais de savoir si nous pouvons le faire correctement et en sécurité. Selon l’origine de la cicatrice et la situation de la personne, un avis médical peut également être nécessaire avant d’aller plus loin.

Tatouer une cicatrice demande une technique particulière

Le tissu cicatriciel ne se comporte pas nécessairement comme une peau classique.

À certains endroits, la peau peut être beaucoup plus fine et augmenter notamment le risque que l’encre diffuse sous la peau. À d’autres, elle peut être plus épaisse, irrégulière ou présenter du relief.

Le tatoueur doit donc être capable de lire ce qui se passe sous son aiguille et de s’adapter parfois quasiment centimètre par centimètre.

C’est aussi pour cette raison que le choix de l’artiste est particulièrement important.

Une mauvaise maîtrise peut donner un tatouage peu lisible, une mauvaise tenue de l’encre, mais également traumatiser davantage une peau qui l’a déjà été.

Tatouer sur une cicatrice n’est donc pas simplement poser un dessin sur une ancienne marque. La technique doit s’adapter à la peau qui se trouve dessous.

Au studio, certains artistes sont spécifiquement orientés vers ces demandes. Marion a notamment suivi une formation auprès d’une chirurgienne sur le tatouage après cancer du sein et les précautions particulières que nécessitent ces interventions.

Le dessin doit lui aussi s'adapter à la cicatrice

Une erreur serait de choisir un dessin indépendamment de la cicatrice puis de chercher simplement à le poser dessus.

Nous devons regarder sa forme, sa taille et son relief, mais également son emplacement sur le corps.

Parce qu’un tatouage ne vit pas sur une feuille.

Il vit sur une épaule, un ventre, une poitrine, une cuisse, un bras… avec des volumes et des lignes naturelles que la composition peut accompagner.

Personnellement, je préfère souvent « noyer le poisson » plutôt que chercher à saturer absolument toute la cicatrice d’encre.

L’objectif est de créer une composition suffisamment harmonieuse pour que le regard soit naturellement attiré par le tatouage et cesse de se focaliser sur la cicatrice.

Paradoxalement, chercher à couvrir chaque millimètre avec beaucoup d’encre peut parfois attirer encore davantage l’attention sur cette zone.

Le tatouage peut donc englober la cicatrice, jouer avec elle, détourner le regard ou l’intégrer intelligemment à une composition plus large.

Un tatouage sur cicatrice réussi n’est pas forcément celui qui rend la cicatrice invisible. C’est celui qui change ce que l’on remarque en premier.

Peut-on choisir n'importe quel tatouage pour cacher une cicatrice ?

Pas forcément.
Tout dépend de la cicatrice, de son emplacement et de ce que la peau nous permet de faire.

C’est pour cette raison que nous demandons aux personnes de nous transmettre leurs inspirations lorsqu’elles en ont, sans pour autant considérer que le projet est déjà figé.

Une référence Pinterest peut nous permettre de comprendre ce qui t’attire : la finesse, la composition, les fleurs, le mouvement, la couleur, le style…

Ensuite, notre rôle est de voir comment traduire cette envie sur ton corps.

Il faudra parfois modifier la taille, déplacer certains éléments, travailler différemment les contrastes ou imaginer une composition plus large.

Ce n’est pas renoncer à ton idée.

C’est utiliser cette idée comme point de départ pour créer quelque chose qui fonctionne réellement avec ta peau.

Certaines cicatrices demandent encore davantage de précautions

C’est notamment le cas après un cancer du sein.

Selon les interventions et traitements reçus, la peau peut avoir été particulièrement sollicitée. La radiothérapie peut par exemple laisser une peau plus fragile, réactive ou affinée.

Un délai est également nécessaire avant d’envisager un tatouage. Au Studio, nous respectons un délai minimum de deux ans après la fin des traitements et interventions, en plus d’un accord favorable du médecin, du chirurgien ou de l’oncologue.

D’autres éléments doivent aussi être pris en considération, notamment lorsqu’il y a eu curage ganglionnaire. Dans ce cas, le bras ne peut pas être tatoué, en raison du risque de lymphœdème.

C’est précisément pour cela que ce type de projet mérite d’être confié à quelqu’un qui connaît ses limites.

Parfois, notre travail consiste à tatouer.
Parfois, il consiste d’abord à dire : pas maintenant, ou pas sans avis médical.

Une cicatrice n'est pas toujours quelque chose que l'on veut simplement cacher

Derrière une cicatrice, il y a parfois beaucoup plus qu’une particularité de la peau.

Une cicatrice chirurgicale peut rester associée à une période difficile. Certaines personnes n’osent même plus toucher cette partie de leur corps, alors qu’elle n’est plus particulièrement sensible physiquement.

Après des scarifications, le désir peut être celui de tourner une page et de porter un autre regard sur cette zone.

Après un cancer du sein, certaines femmes viennent avec l’envie de se réapproprier leur corps, de retrouver une forme de féminité ou simplement de sortir cette partie d’elles-mêmes de l’univers médical auquel elle a été associée pendant des mois.

Après une brûlure, le souhait peut être encore différent : embellir une zone et ne plus avoir l’impression que le premier regard des autres se pose systématiquement sur la cicatrice.

Il n’existe donc pas une bonne raison de tatouer une cicatrice.

Chaque personne a son histoire, et chaque personne entretient un rapport différent avec cette partie de son corps.

Le cadre dans lequel tu fais ce tatouage compte aussi

C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de zones intimes ou d’histoires sensibles.

Tatouer un sein après un cancer, par exemple, implique littéralement pour une femme de se dénuder devant son tatoueur.

Le cadre n’est pas un détail.

Certaines personnes ont vécu pendant des mois des examens, des opérations, des soins et une médicalisation importante de leur corps. Lorsqu’elles arrivent chez nous, nous ne voulons pas recréer une expérience dans laquelle leur corps devient simplement une zone sur laquelle il faut intervenir.

Chez Sweet’Ink, les séances sont réalisées dans des espaces individuels afin de préserver l’intimité et le calme.

Nous prenons également le temps de comprendre comment la personne vit sa cicatrice, ce qu’elle souhaite transformer et ce dont elle a besoin pour se sentir suffisamment en confiance.

Parce que maîtriser techniquement un tatouage sur cicatrice ne suffit pas.

Il faut aussi savoir accueillir la personne qui la porte.

Et si je ne sais absolument pas quoi tatouer dessus ?

Tu n’as pas besoin de le savoir avant de nous contacter.
C’est même une partie importante de notre travail.

Le premier échange peut commencer simplement à distance, par notre formulaire ou par mail.

Nous te demanderons notamment une photo suffisamment claire de la cicatrice, ainsi que les éventuelles idées ou inspirations que tu as déjà. Et si tu n’en as aucune, ce n’est pas un problème.

Nous allons ensuite te poser différentes questions pour comprendre ce que tu souhaites, ce que tu aimes, ton rapport à cette zone et les possibilités offertes par ta cicatrice.

Lorsque cela est pertinent, nous pouvons également soumettre la demande à plusieurs artistes du studio dont la technique et l’univers correspondent au projet. Nous pouvons alors te transmettre leurs différentes pistes afin que tu disposes de suffisamment d’informations pour choisir celle qui te correspond.

Tu n’as donc pas à trouver seule la solution avant de demander conseil.

Et si ma cicatrice est trop compliquée à tatouer ?

C’est justement la raison pour laquelle il peut être intéressant de demander un avis.

Beaucoup de personnes attendent parce qu’elles imaginent leur cicatrice trop complexe, qu’elles craignent qu’un tatoueur refuse leur projet ou simplement parce qu’elles ne savent pas ce qu’il serait possible de faire.

Demander conseil ne t’engage pourtant à rien.

Il y a une vraie différence entre prendre le temps de vérifier ce qui est envisageable et continuer pendant des années à cacher une partie de son corps simplement parce qu’on n’a jamais osé poser la question.

Et parfois, la réponse sera effectivement qu’il faut attendre ou qu’un projet doit être envisagé différemment.

Mais parfois aussi, cette première photo envoyée permet d’ouvrir des possibilités auxquelles la personne n’avait jamais pensé.

Tu n’as pas besoin de savoir si ta cicatrice peut être tatouée avant de nous contacter. C’est justement notre travail de commencer par l’étudier avec toi.

Parler de mon projet sur cicatrice

Questions fréquentes

Peut-on tatouer directement sur une cicatrice ?

Cela dépend de son état, de son ancienneté, de son relief et de son origine. Une cicatrice encore fraîche ou inflammatoire ne doit pas être tatouée. Une première analyse permet de déterminer si le projet peut être envisagé ou s’il faut encore attendre.

Le tissu cicatriciel pouvant être plus fin, plus épais ou irrégulier qu’une peau classique, il est préférable de choisir un tatoueur ayant l’expérience de ce type de peau et capable d’adapter sa technique.

Pas systématiquement, et ce n’est pas toujours la meilleure stratégie. Une composition peut intégrer la cicatrice ou détourner naturellement le regard vers le tatouage plutôt que chercher à saturer entièrement la zone.

Cela peut être possible lorsque les cicatrices sont correctement cicatrisées et que leur état le permet. Une analyse individuelle reste nécessaire avant de déterminer ce qui peut être réalisé.

Cela peut être envisageable, sous certaines conditions. Au Studio, un délai minimum de deux ans après la fin des traitements est respecté, ainsi qu’un accord médical favorable. En cas de curage ganglionnaire, le bras ne peut pas être tatoué.

Oui. Tu peux commencer par nous envoyer une photo de ta cicatrice et nous expliquer ce que tu aimerais éventuellement retrouver ou transformer. Nous pourrons ensuite t’aider à explorer les possibilités et t’orienter vers un artiste adapté.

Lire davantage de conseils :

Premier tatouage : comment bien le préparer et éviter les erreurs que l’on regrette ?

Premier tatouage ? Découvre comment choisir ton projet, sa taille et son emplacement, préparer ta séance et éviter les erreurs fréquentes.

Comment choisir son tatoueur quand on ne sait pas vraiment vers qui se tourner ?

Tu n'as pas besoin de connaître le vocabulaire du tatouage ni d'arriver avec un projet parfaitement construit avant de contacter un artiste. En revanche, choisir la personne à qui tu vas le confier mérite de regarder un peu plus loin qu'une belle publication Instagram.

Tu as un projet de tatouage ?​

Tu as un projet de tatouage ?